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31 juillet 2026
On parle beaucoup du temps d'écran des enfants. On parle beaucoup moins de celui des parents, alors que la recherche s'y intéresse de plus en plus.
Le terme « technoférence », forgé par les chercheurs qui étudient ce phénomène, désigne les interruptions des moments partagés causées par l'usage du téléphone du parent lui-même, pas celui de l'enfant.
Les chercheurs Brandon McDaniel et Jenny Radesky ont étudié la fréquence de ces interruptions dans les foyers, et leur lien avec le comportement des enfants. Leurs travaux montrent qu'un niveau élevé de technoférence est associé à davantage de comportements difficiles chez l'enfant, notamment plus d'irritabilité et de comportements de recherche d'attention.
La chercheuse Jenny Radesky, dans une étude observationnelle largement citée, a documenté la fréquence à laquelle les parents consultent leur téléphone pendant les repas partagés avec leurs enfants, et la façon dont cela modifie la qualité de l'échange, même quand les interruptions semblent brèves du point de vue de l'adulte.
L'enfant a besoin de réciprocité
Les jeunes enfants apprennent énormément à travers les allers-retours de regard et d'attention avec l'adulte. Chaque coupure interrompt ce cycle, même brièvement.
La répétition compte plus que la durée
Une interruption isolée n'a probablement aucun effet notable. C'est la répétition, moment après moment, qui finit par façonner le ton général de la relation.
Ce n'est pas une question de culpabilité
Aucun parent n'a besoin de zéro écran. Il s'agit surtout d'avoir conscience de quelques moments à réellement protéger.
La technoférence est un sujet facile à transformer en reproche, ce qui la rend souvent difficile à aborder sans tension. « Tu es toujours sur ton téléphone » ferme la conversation plus qu'elle ne l'ouvre.
C'est directement lié à la dimension connexion et besoins : définir ensemble deux ou trois moments réellement protégés, comme les repas ou le coucher, est plus efficace que de viser une réduction générale du temps d'écran, souvent trop vague pour tenir dans la durée.
Il est souvent plus facile de remarquer la technoférence chez un autre parent, au parc ou en famille, que dans son propre quotidien. Le téléphone devient une extension presque automatique de la main, activée sans même y penser vraiment, entre deux tâches, en attendant que l'enfant termine une activité.
Un exercice utile : pendant un seul repas, laisser volontairement le téléphone dans une autre pièce, puis observer ce qui change dans l'échange avec l'enfant. La plupart des parents rapportent une différence immédiatement perceptible, souvent plus marquée qu'ils ne l'auraient anticipé avant l'essai.
Le télétravail ajoute une couche supplémentaire de complexité : le parent est physiquement présent, mais mentalement absorbé par un écran de travail plutôt que de loisir, ce qui peut créer une forme de présence encore plus déroutante pour l'enfant, qui voit le parent sans pouvoir vraiment accéder à lui.
Marquer clairement les transitions, un signal simple qui indique « je termine le travail, maintenant je suis disponible », aide l'enfant à comprendre la différence entre présence physique et disponibilité réelle, plutôt que de vivre une frontière floue toute la journée.
Les enfants apprennent leur propre rapport aux écrans en observant celui de leurs parents, bien avant de comprendre les règles qu'on leur impose verbalement. Un enfant à qui l'on demande de ranger son téléphone pendant les repas, mais qui voit ses parents consulter le leur au même moment, reçoit un message contradictoire qui affaiblit la règle elle-même.
Ce lien entre le temps d'écran des enfants et celui des parents est directement complémentaire à ce qui est développé dans notre article sur les écrans et les enfants : les règles fonctionnent mieux quand elles s'appliquent à toute la famille, pas seulement aux plus jeunes.
Compter sur sa seule volonté pour ignorer une notification qui vibre fonctionne rarement sur la durée. Le réflexe de vérifier est en grande partie automatique, conçu précisément pour capter l'attention le plus efficacement possible.
Désactiver les notifications non essentielles pendant les moments identifiés comme protégés retire le besoin de résister à une tentation répétée toutes les quelques minutes. C'est un changement structurel, pas un effort de volonté supplémentaire à fournir chaque jour, ce qui le rend beaucoup plus facile à tenir dans la durée.
À RETENIR
Vos besoins de connexion, et ce qui les interrompt le plus souvent, sont explorés par le quiz (Nou). Découvrez comment vous et votre partenaire percevez ces moments différemment.
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SOURCES ET RÉFÉRENCES
McDaniel, B. T., & Radesky, J. S. (2018). Technoference: Parent Distraction With Technology and Associated Child Behavior Problems. Child Development.
Radesky, J. S., Kistin, C. J., Zuckerman, B. et al. (2014). Patterns of Mobile Device Use by Caregivers and Children During Meals in Fast Food Restaurants. Pediatrics.