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31 juillet 2026
La rivalité entre frères et sœurs fait partie du développement normal de l'enfant. Ce n'est pas un signe que quelque chose ne va pas dans votre famille.
Ce qui varie d'une famille à l'autre, c'est l'intensité de cette rivalité, et la recherche montre qu'elle est largement influencée par la façon dont les parents y répondent, bien plus que par la simple présence d'un deuxième enfant.
La psychologue du développement Judy Dunn a consacré une grande partie de sa carrière à l'étude des relations fraternelles. Ses travaux, menés avec Carol Kendrick, montrent que la jalousie qui apparaît à l'arrivée d'un nouveau-né est une réaction attendue, liée au bouleversement réel de la place de l'aîné dans la famille, et non à un trait de caractère.
La chercheuse Brenda Volling, qui a mené une synthèse importante sur l'adaptation des enfants après l'arrivée d'un frère ou d'une sœur, montre que cette adaptation dépend fortement du soutien émotionnel offert à l'aîné pendant la transition, et non uniquement de son tempérament.
Ce n'est pas l'égalité parfaite qui compte
Traiter deux enfants exactement pareil est souvent impossible et pas toujours souhaitable, puisqu'ils ont des besoins différents à des âges différents.
C'est le sentiment d'être vu qui compte
Chaque enfant a besoin de sentir qu'on le reconnaît pour ce qu'il est, pas seulement en comparaison de son frère ou de sa sœur.
Les comparaisons directes aggravent la rivalité
« Regarde ta sœur, elle a bien rangé. » Même dit gentiment, ce type de phrase nourrit directement le sentiment de compétition entre enfants.
Non, et c'est souvent contre-intuitif pour les parents. Intervenir systématiquement dans les petits conflits empêche les enfants de développer leurs propres compétences de négociation et de résolution. Réserver l'intervention aux moments où la sécurité physique ou le respect de base n'est plus garanti laisse aux enfants l'espace nécessaire pour apprendre à gérer le désaccord entre eux.
C'est aussi une question de couple : les deux parents interviennent-ils au même moment, avec la même intensité ? Un décalage sur ce point peut créer, chez l'enfant, l'impression que les règles changent selon qui est présent.
Une grande partie de la rivalité future se joue avant même la naissance du deuxième enfant. Impliquer l'aîné dans les préparatifs, lui donner un rôle concret plutôt que de le tenir à l'écart, et surtout préserver des moments juste à deux avec lui après l'arrivée du bébé, réduit significativement l'intensité de la jalousie initiale selon les travaux de Judy Dunn.
Ce qui semble anodin, comme continuer un rituel du soir juste avec l'aîné même les premières semaines chargées, envoie un message puissant : sa place dans la famille reste entière, elle s'élargit, elle ne se réduit pas.
La rivalité la plus visible se situe souvent dans la petite enfance, autour du partage des jouets et de l'attention des parents. Elle prend une autre forme à l'adolescence, davantage liée à la comparaison des réussites, des amitiés, ou de l'autonomie accordée par les parents.
Dans les deux cas, le principe reste identique : la rivalité s'apaise quand chaque enfant sent que sa place dans la famille ne dépend pas de sa comparaison avec son frère ou sa sœur, mais de qui il est lui-même.
Quand une dispute demande vraiment une intervention, le réflexe le plus courant est de chercher qui a commencé. Ce réflexe, bien qu'intuitif, envoie un message implicite : il y a un coupable et une victime, ce qui nourrit justement la compétition qu'on cherche à apaiser.
Une approche qui fonctionne mieux : décrire ce qu'on observe sans juger, « je vois deux enfants qui veulent le même jouet », puis inviter les deux à proposer une solution ensemble. Ça demande plus de patience sur le moment, mais ça évite de se transformer en arbitre permanent, un rôle épuisant sur la durée et peu formateur pour les enfants.
Les mêmes disputes semblent parfois insupportables un soir, et à peine gênantes le lendemain matin. Ce n'est généralement pas l'intensité réelle du conflit qui change, mais la capacité du parent à l'absorber, directement liée à son propre niveau de fatigue et de charge mentale.
Reconnaître ce lien aide à ne pas sur-réagir face à une dispute ordinaire simplement parce que la journée a été longue, et à distinguer une vraie escalade d'une fatigue qui amplifie tout, y compris chez le parent.
À RETENIR
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SOURCES ET RÉFÉRENCES
Dunn, J., & Kendrick, C. (1982). Siblings: Love, Envy, and Understanding. Harvard University Press.
Volling, B. L. (2012). Family Transitions Following the Birth of a Sibling: An Empirical Review of Changes in the Firstborn's Adjustment. Psychological Bulletin, 138(3), 497-528.