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31 juillet 2026
« Avec toi il n'y a jamais de conséquence. » « Avec toi tout est un drame. » Si ces phrases vous parlent, vous n'êtes pas seuls : la plupart des couples parentaux fonctionnent avec deux styles différents, pas deux styles identiques.
La bonne nouvelle : la recherche montre que ce n'est pas la différence de style elle-même qui pose problème à l'enfant. C'est ce qu'on en fait devant lui qui compte vraiment.
La psychologue Diana Baumrind a défini les grands styles parentaux à partir de deux axes : le niveau d'exigence et le niveau de chaleur relationnelle. Un parent peut être exigeant et chaleureux (autoritatif), exigeant sans chaleur (autoritaire), chaleureux sans exigence (permissif), ou ni l'un ni l'autre. Ces styles ne sont pas figés : la plupart des parents évoluent d'une situation à l'autre, et les deux parents d'un même foyer se situent rarement au même endroit.
Le chercheur James McHale, qui étudie la coparentalité depuis plusieurs décennies, a montré que ce qui prédit le mieux le bien-être de l'enfant n'est pas l'uniformité des styles parentaux, mais la solidarité entre les parents : le fait de se soutenir mutuellement, même quand on ne ferait pas exactement pareil.
Le psychologue Mark Feinberg, dont le modèle de la coparentalité fait référence en recherche familiale, identifie le « sapement » comme l'un des quatre piliers de la coparentalité, aux côtés de l'accord sur l'éducation, la répartition des tâches et le soutien mutuel. Le sapement, c'est le fait de critiquer ou d'annuler ouvertement une décision de l'autre parent devant l'enfant.
Ce qui n'est pas un problème
Que maman soit plus stricte sur les écrans et que papa soit plus souple sur le coucher. L'enfant apprend simplement à adapter son comportement selon la personne, comme il le ferait avec un enseignant différent.
Ce qui pose vraiment problème
Que l'un dise « ton père exagère, tu peux le faire quand même » devant l'enfant. C'est ce message contradictoire, pas la différence de style, qui déstabilise le cadre.
L'objectif n'est pas de gommer vos différences, ce qui serait d'ailleurs difficile et probablement peu naturel pour vous deux. L'objectif est de définir ensemble un socle commun sur les sujets vraiment essentiels, sécurité, respect, quelques valeurs fondamentales, tout en acceptant que chacun garde sa façon propre d'incarner ce socle au quotidien.
C'est directement lié à la dimension discipline et limites : identifier où vous vous situez chacun permet de voir clairement où se trouve votre socle commun, et où vos différences peuvent au contraire enrichir ce que vous offrez à votre enfant.
Beaucoup de parents remarquent que leur enfant se comporte différemment selon qui est présent, testant davantage les limites avec le parent plus souple. Ce n'est ni un manque de respect, ni une manipulation consciente : les enfants, comme les adultes, adaptent naturellement leur comportement au contexte, y compris à la personne en face d'eux.
Le parent plus strict n'a pas besoin de forcer l'autre à devenir identique à lui pour que ça fonctionne. Ce qui aide vraiment l'enfant, c'est de savoir que les deux parents, même différents, se soutiennent et ne se désavouent pas l'un l'autre une fois la décision prise.
Un principe qui fonctionne bien en pratique : si vous n'êtes pas d'accord sur une décision prise par l'autre, en discuter plus tard, entre adultes, jamais devant l'enfant sur le moment. Devant l'enfant, on soutient la décision prise, même si elle n'est pas exactement celle qu'on aurait prise soi-même.
Ce principe demande de la confiance mutuelle, et il fonctionne mieux quand les grandes lignes ont déjà été discutées à l'avance. C'est précisément l'objectif d'identifier votre socle commun avant que les situations du quotidien ne vous forcent à improviser sous pression.
Au-delà de la simple tolérance, deux styles parentaux différents offrent à l'enfant quelque chose qu'un seul style, aussi équilibré soit-il, ne peut pas offrir seul : l'expérience concrète que différentes personnes fonctionnent différemment, et qu'il est possible de s'adapter sans que ce soit un problème. C'est une compétence sociale qu'il retrouvera toute sa vie, à l'école, au travail, dans ses propres relations.
Le parent plus souple offre souvent un espace pour l'expérimentation et la créativité. Le parent plus strict offre souvent un sentiment de sécurité et de prévisibilité. Un enfant qui grandit avec les deux, plutôt qu'avec deux versions identiques du même style, a accès à une palette plus large.
Cette phrase, presque tous les parents l'entendent un jour. La réponse la plus efficace n'est ni de céder immédiatement, ni de critiquer l'autre parent, mais de nommer simplement la différence : « C'est possible, et avec moi c'est comme ça. » Cette phrase reconnaît la réalité sans la juger, et maintient le cadre sans avoir besoin de justifier pourquoi les deux parents ne fonctionnent pas identiquement.
Avec le temps, les enfants intègrent très bien cette logique, à condition qu'elle reste stable : chaque parent a ses propres règles, cohérentes d'une fois sur l'autre, plutôt que des règles qui changent selon l'humeur du moment.
À RETENIR
Le quiz (Nou) mesure précisément où vous et votre partenaire vous situez sur la dimension discipline et limites, pour transformer vos différences en repères clairs plutôt qu'en sources de tension.
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SOURCES ET RÉFÉRENCES
Baumrind, D. (1966). Effects of Authoritative Parental Control on Child Behavior. Child Development, 37(4), 887-907.
Feinberg, M. E. (2003). The Internal Structure and Ecological Context of Coparenting: A Framework for Research and Intervention. Parenting: Science and Practice, 3(2), 95-131.
McHale, J. P. (1995). Coparenting and Triadic Interactions During Infancy: The Roles of Marital Distress and Child Gender. Developmental Psychology, 31(6), 985-996.